Le numérique permet, selon l’expression de Paul Ardenne, d’entrer dans l’ère du post-humain, càd d’envisager des “créatures” revisitées selon les démarches de chacun des artistes.
Définition : Hybridation: croisement entre deux variétés, deux races d’une même espèce ou entre deux espèces différentes.
Orlan,
artiste française née en 1947 qui travaille sur le statut du corps féminin dans l’histoire de l’art et dans la société contemporaine. A partir de 1978, elle a commencé plusieurs “performances chirurgicales”, remettant en jeu son image dans des opérations (9 jusqu’à aujourd’hui) durant lesquelles le bloc opératoire devient son atelier d’artiste. Il en sort des dessins au sang, des reliquaires, des photos, des films. Ses actions sont filmées et transmises par satellite dans plusieurs institutions culturelles du monde.
Son travail dénonce les pressions sociales exercés sur le corps féminin. Elle dit alors pratiquer non pas du “Body-Art”, mais de l’art charnel. Son corps est le matériau d’une sculpture de soi.
En 1998, elle entreprend un tour du monde des standards de beauté dans d’autres Civilisations et époques et commence par les civilisations pré-colombiennes à Mexico, où elle présente les photos de ses premières Self-Hybridations: photos numériques d’une grande beauté plastique où elle croise son visage avec celui de sculptures mayas et olmèques.

Philippe Stelarc, artiste australien, procède depuis 1980 à une recréatin du corps humain. Avec Three Hands Simultaneously ou The Third Arm, en 1995, il ajoute à son corps un bras articulé (voir photo) lui permettant d’augmenter d’un tiers de ses capacités de préhension naturelles. Sa fascination pour la machine nie la distinction traditionnelle entre naturel et artificiel; la troisième main, par ex est une prothèse additionnelle et non de remplacement; elle a été fabriquée en alliage alluminium, d’acier inoxydable, de résine et d’acrylique. Elle peut pincer, saisir, tourner autour d’un poignet et a été fabriqué d’après les dimensions du bras droit de l’artiste. Elle est controlée par ses ondes cérébrales enregistrées par électromyogramme, et activée par les muscles abdominaux et jambiers; le corps de l’artiste est recouvert d’électrodes qui captent les battements de son coeur, la tension, le flux sanguin… Stelarc met en scène, lors de performances, l’activation de cette troisième main.

Cours de Mme Ghénassia ( lycée Cézanne, Aix)